Al-Hâfidh Zayn ud-Dîn ibn Radjab al-Hanbali

Son nom, sa kounya, son surnom et sa filiation :

Il était le noble Imaam, le hafidh, le critique, Zayn ud-Dîn 'Abdur-Rahmaan bin Ahmad bin 'Abdir Rahmaan bin al-Hassan bin Muhammad bin Abil-Barakaat Mas'oud as-Salamî al-Baghdadi (dû à son lieu de naissance). Al-Hanbali (dû à son madh-hab), Ad-Damichqui (dû à son lieu de résidence et à son lieu de mort). Sa kounya était Abul-Faradj et son surnom était Ibn Radjab qui était aussi le surnom de son grand-père qui est né durant ce mois (de Radjab).

Sa naissance et son éducation :

Il naquit à Baghdad en l'an 736H et fut élevé par une famille bien cultivée, fermement enracinée dans la science, la noblesse et la piété. Son père joua le plus grand rôle dans son éducation en le dirigeant vers le savoir bénéfique.

Ses professeurs :

Il apprit sa science des plus grands savants de la Oumma de son temps. À Damas, il étudia auprès de Ibn Qayyim al-Djawziyya, Zayn-oud-Dîn al-'Iraaqi, Ibn an-Naqîb, Muhammad Isma'îl al-Khabaaz, Dawoud bin Ibrahim at-'Ataar, Ibn Qaadi al-Djabal et Ahmad bin 'Abdil-Haadi al-Hanbali.
À la Mecque, il étudia chez al-Haafidh al-'Alaa'î. En Égypte, il étudia auprès de Sadr-oud-Dîn Abul-Fath Al-Maydoumi et Naasir oud-Dîn bin al-Malouk.

Les postes auxquels il fut nommé :

Ibn Radjab se dévoua à la science et passa tout son temps dans les recherches, l'écriture, l'enseignement, (et) les travaux dans le domaine de la science et il délivrait des avis juridiques (fataawa). On lui attribua un poste d'enseignant à l'école Hanbalite en 719H mais on le remplaça. Du vivant de son père, il reçut la charge du cercle d'études (halaqa) le mardi dans la Mosquée Centrale de Banou Oumayyah. Ceci fut après la mort de Ibn Qaadi al-Djabal et l'année 771H, qu'Allaah lui fasse miséricorde.

Ses étudiants :

Les étudiants de la science se tournèrent vers Al-Haafidh ibn Radjab (rahimahoullah) pour étudier auprès de lui, pour profiter de ses connaissances et pour entendre ses narrations (ahadith). Ceci car il était l'Imaam de la science de hadith ; que ce soit dans le rapport des narrations que dans leur étude. Ceci est du au fait qu'il y consacra une si grande partie de son temps, qu'il ne fut connu que par [sa science] des ahadith ; par conséquent on ne pouvait trouver personne de plus compétent que lui (à cette époque).

Parmi ses étudiants les plus célèbres : (1) Aboul-'Abbaas Ahmad bin Abi Bakr bin 'Ali al-Hanbali, connu sous le nom de Ibn ar-Risaam [mort en 884H],
(2) Aboul-Fadl Ahmad bin Nasr bin Ahmad, le Mufti de l'Égypte [mort en 844H],
(3) Dawoud bin Soulaymaan al-Mawsili [mort en 844H],
(4) 'Abdur-Rahmaan bin Ahmad bin Muhammad al-Muqri,
(5) Zayn-ud-Dîn 'Abdur-Rahmaan bin Sulaymaan bin Abil-Karam, connu sous le nom de Abu Shi'ar,
(6) Abu Dharr az-Zarkachi [mort en 846H],
(7) le juge 'Alaa-ud-Dîn Ibn al-Lahaam al-Ba'ali [mort en 803H], et
(8) Ahmad bin Sayf-id-Dîn al-Hamawi.

Les savants qui ont fait ses éloges : [1]

Ibn Qaadi Chuhbah a dit de lui dans sa biographie comme mentionné dans Al-Djawar oul-Mounaddad (p.48) : « Il a lu et est devenu compétant dans de nombreux domaines de la science. Il étudia les questions du madh-hab (Hanbalite) jusqu'à ce qu'il puisse les maîtriser. Il se dévoua dans l'occupation de la science des textes, des erreurs et des significations des ahadith. Il s'isolait pour la rédaction. »

Ibn Hadjar a dit de lui dans Inbaa ul-Ghamr : « Il était très compétent dans les disciplines scientifiques du hadith, en matière de noms des rapporteurs, leurs biographies, leur chaîne de transmission et la conscience de leur signification. »

Ibraaheem bin Muhammad Ibn Muflih : « Il était le Cheikh, le grand savant, le Haafidh, celui qui s'est détaché de la vie d'ici bas. Il était le Cheikh du madh-hab Hanbali et il écrivit plusieurs livres intéressants. »

Son dogme :

Ibn Radjab (rahimahoullah) suivait la voie des pieux prédécesseurs (minhadj des Salaf) dans sa croyance (Imaan) et dans la manière d'acquérir le savoir. Il (l'a) [la voie] soutenue et défendue contre les faux arguments de ses opposants. Ses livres en regorgent d'exemples. De plus, il a écrit des traités qui abordaient spécifiquement ce sujet tel que son livre « Bayaan Fadlou 'Ilm-is-Salaf 'alaal-Khalaf » .
Cependant, on peut trouver des traces de Soufisme dans ses livres, qu'Allaah le protège de l'égarement vers cette voie dangereuse, dû à ce qu'Allaah lui a donné comme vastes connaissances dans le domaine des narrations (ahadith) une méthodologie salafiyyah claire.

Son madh-hab (en ce qui concerne les sciences auxiliaires) :

En jurisprudence (fiqh), il (rahimahoullah) suivait le madh-hab du vénérable Imaam, Ahmad bin Hanbal, qu'Allaah lui fasse miséricorde. Il est considéré comme étant l'un des plus grands savants de ce madh-hab ainsi qu'un des plus compétents. Son livre : « Al-Qawaa'id al-Koubraa fil-Fourou' » le prouve bien, car il s'agit de son ½uvre la plus importante dans le domaine de fiqh. Ce dernier démontre ses grandes connaissances à propos des détails complexes dans le Fiqh.
Ceci au point que Al-Haafidh ibn Hadjar a dit dans son livre ad-Durar : « Il fit un excellent travail sur ce sujet. »
De plus, Ibn Qaadi Chuhbah et Ibn Muflih ont dit : « Ceci indique sa connaissance complète du madh-hab (hanbalite). »

Comme cité dans Kachf-udh-Dhounoun : « C'est un livre qui fait partie des merveilles de ce temps, de telle sorte qu'il chercha à donner beaucoup d'explications dans ce dernier. Il y a des gens qui prétendent qu'il trouva les principes dispersés d'Ibn Taymiyya et les rassembla, mais cela est faux. Plutôt, il, qu'Allaah lui fasse miséricorde, était au dessus de cela. Ceci fut ce qu'il cita. »

Al-Haafidh ibn Radjab, qu'Allaah lui fasse miséricorde, était profondément attaché aux travaux d'Ibn Taymiyya, car il délivrait des avis juridiques en conformité avec ceux-ci et il se référait constamment à ses livres. Ceci est dû au fait qu'il étudia auprès de Ibn Qayyim al-Djawziyyah, l'étudiant le plus remarquable d'Ibn Taymiyya, qu'Allaah leur fasse tous miséricorde. Cependant, malgré cela, il (rahimahoullah) ne suivait pas son professeur d'une manière aveugle ou fanatique. Au contraire, il authentifiait, vérifiait et s'attachait aux preuves.

Ses travaux écrits :

Al-Haafidh Ibn Radjab, qu'Allaah lui fasse miséricorde, était considéré comme étant l'un des savants les plus connus et compétents en rédaction de son temps. Ainsi, il avait un grand nombre de travaux intéressants dans les domaines du tafsir, hadith, fiqh, de l'histoire, et raqaa'iq (½uvres qui adoucissent le c½ur).

Parmi ses livres il y a :

Dans le domaine de tafsir et de la science coranique :

1. Tafsir Sourah al-Ikhlaas
2. Tafsir Sourah al-Faatihah
3. Tafsir Sourah an-Nasr
4. I'raab al-Basmalah
5. Al-Istighnaa bil-Qour'aan

Dans le domaine du hadith et de ses sciences :

1. Charh Jaami' at-Tirmidhee
2. Charh 'Ilal at-Tirmidhee
3. Fat-h oul Baaree bi-Charh Sahîh al-Boukhaari
4. Jaami'-oul-'Ouloum wal Hikam fi Charh Khamsina Hadithan min Jawaami'-il-Kalim , qui est la source de ce livre.

Il avait aussi une collection de traités qui expliquent des ahadith individuellement, tels que :

5. Sharh Hadith : Maa Dhi'baani Jaa'iaan oursilaa fî Ghanam ... [La soif de la richesse et du prestige]
6. Ikhtiyaar al-Awlaa fî Sharh Hadith Ikhtisaam al-Mala al-A'alaa
7. Nour-oul-Iqtibaas fî Mishkaat Wasiyyat-in-Nabee Libn 'Abbaas
8. Ghayaat-un-Nafa' fî Charh Hadith Tamthil-ul-Mu'min bi-Khaamat-iz-Zara'
9. Kashf-oul-Kourbah fî Wasfi Haali Ahlil-Ghourbah [Le soulagement du chagrin dans la description de la condition des étrangers]

Et plusieurs autres.

Dans le domaine du fiqh :

1. Al-Istikhraaj fee Ahkaam-il-Kharaaj
2. Al-Qawaa'id-ul-Fiqhiyyah
3. Kitaab Ahkaam-ul-Khawaateem wa maa yata'alaqu bihaa

Dans le domaine des biographies et des évenements historiques :

1. Adh-Dhayl 'alaa Tabaqaat-il-Hanaabilah
2. Mukhtasar Seerah 'Umar bin 'Abdil-'Azeez
3. Seerah 'Abdul-Malik bin 'Umar bin 'Abdil-'Azeez

Dans le domaine des raqaa'iq et des exhortations :

1. Lataa'if-ul-Ma'aarif feemaa Li-Mawaasim-il-'Aam min al-Wadhaa'if
2. At-Takhweef min an-Naar wat-Ta'reef bi-Haali Daar-il-Bawaar
3. Al-Farq bayna an-Nasehah wat-Ta'yeer [La différence entre conseiller et condamner]
4. Ahwaal Ahlil-Qoubour

Sa fin :


Al-Haafidh ibn Radjab, qu'Allaah lui fasse miséricorde, décéda un lundi soir, le quatrième jour du mois de Ramadan, en l'an 795H. Il mourut à Damas dans un territoire qui était appelé al-Houmayriyyah, dans un jardin qu'il louait. Sa prière funéraire fut accomplie le lendemain et il fut enterré dans le cimetière Baab as-Saghîr, à côté du Cheikh Aboul-Faradj ach-Chiraazî.

# Posté le lundi 17 décembre 2007 10:36

Ibnu l-Qayyim

Il est l'Imam, le gardien des hadith , le Savant du tafsir (exégèse coranique), de l'ousoul (fondements de la jurisprudence et de la loi) et du Fiqh (jurisprudence), Abu 'Abdullah Shamsud-Din Muhammad Ibn Abi Bakr - plus connu sous le nom de Ibn Qayyim al-Jawziyyah (ou Ibnul-Qayyim).

SA NAISSANCE ET SON EDUCATION :

Il est né au sein d'une famille noble et savante, le septième jour de Safar en 691H dans le village de Zar', près de Damas en Syrie. Dès son plus jeune âge il s'est mis à acquérir le savoir des sciences islamiques des savants de son époque. Décrivant sa soif de connaissance, al-Hafidh Ibn Rajab a dit dans Dhayl Tabaqatul-Hanabilah (4/449) : " Il avait un amour intense pour le savoir et les livres, les publications et les écrits." De même, Ibn Kathir a dit dans al-Bidayah wan-Nihayah (14/235) : "Il acquit de ces livres ce que d'autres n'ont pu acquérir, et il développa une grande compréhension des livres des Salafs (Pieux Prédecesseurs) et des khalafs (venus après les Salafs)."

SES PROFESSEURS ET SHAIKHS :

On trouve parmi eux Shihab an-Nablusi et Qadi Taqiyud-Din Ibn Sulayman, chez lesquels il a étudié la science du hadith ; Shaikh Safiyyud-Din al-Hindi et Shaikh Isma'il Ibn Muhammad al-Harani, chez qui il a étudié le fiqh et l'usul ; et aussi son père, chez lequel il appris les fara'id (lois de l'héritage). Cependant, le plus notable de ses Shaikhs était Shaikhul-Islam Ibn Taymiyyah, il l'a accompagné et a étudié avec lui pendant 16 ans. Al-Hafidh Ibn Kathir a dit dans al-Bidayah wan-Nihayah (14/234) : "Il a atteint un haut niveau dans plusieurs domaines du savoir, particulièrement dans le savoir du tafsir, du hadith et de l'usul. Lorsque Shaikh Taqiyyud-Din Ibn Taymiyyah est retourné d' Egypte en 712H, il est resté avec le shaikh jusqu'à sa mort ; ayant appris une grande part de savoir de lui en plus de la science qu'il s'était occupé d'acquérir. Il est donc devenu un Savant unique dans plusieurs domaines du savoir."

SON COMPORTEMENT ET SON ADORATION :

Plusieurs de ses étudiants et contemporains ont témoigné de son excellent caractère et de son comportement dans l'adoration. Al-Hafidh Ibn Rajab a dit à son sujet dans Dhayl Tabaqatul-Hanabilah (4/450) : "Il (rahimahoullah) était constant dans l'adoration et dans le tahajjud (prière de nuit), atteignant les limites en allongeant sa Prière et sa dévotion. Il était constamment en état de dhikr (rappel d'Allah) et éprouvait un amour intense envers Allah. Il aimait profondément se tourner vers Allah dans le repentir, en s'humiliant devant Lui avec un grand sens de la modestie et d'impuissance. Il se jetait aux portes de l'obéissance divine et de la servitude. En fait, je n'ai pas vu pareil que lui en ce qui concerne cela."
Ibn Kathir ( rahimahoullah) a dit dans al-Bidayah (14/234) :"Il était constant dans l'imploration humble et l'appel de son Seigneur. Il récitait bien et avait de bonne manières. Il avait une beaucoup d'amour et n'entretenait aucune envie ou méchanceté envers personne, ni il ne cherchait à nuire ou à trouver des défauts aux gens. J'étais un de ceux qui était le plus souvent en sa compagnie et un de ceux qu'il aimait le plus. Je ne connais personne en ce monde aujourd'hui, qui soit meilleur adorateur que lui. Sa prière était souvent très longue, prolongée de rukou' et soujoud (prosternations). Ses collègues le critiquaient pour cela, mais il n'a jamais répondu (à leurs critiques) et n'a jamais abandonné cette pratique. Qu'Allah le couvre de Sa Miséricorde."

SES ETUDIANTS ET SES TRAVAUX :

On trouve parmi ses étudiants les plus éminents : Ibn Kathir (mort en 774H), adh-Dhahabi (mort en 748H), Ibn Rajab (mort en 751H) et Ibn 'Abdul-Hadi (mort en 744H), ainsi que deux de ses fils, Ibrahim et Sharafud-Din 'Abdullah. L'Imam Ibnul-Qayyim -rahimahoullah- fut l'auteur de plus de soixante travaux. Ses livres et écrits sont caractérisés par ses discours touchants destinés au c½ur et à l'âme, ainsi que par leur exactitude, leur précision, la force des arguments et la profondeur de la recherche. Ses écrits incluent : l'Iamul-Muwaqi'in, Turuqul-Hukmiyyah, Ighathatul-Lahfan, Tuhfatul-Mawlud, Ahkam Ahlul-Dhimmah et al-Farousiyyah, tous dans le domaine du fiqh et de l'ousoul. En matière de hadith et de sirah (biographie) on peut trouver : Tahdhib Sunan Abi Dawoud, al-Manarul-Munif et Zadul-Ma'ad. Dans le domaine de la 'aquidah (croyances) : Ijtima' al-Juyyoushul-lslamiyyah, as-Sawa'iqul-Mursalah, Shifa'ul-'Aleel, Hadyal-Arwah, al-Kafiyatush-Shafiyah et Kitabur-Rooh. Dans le domaine de l'akhlaq (morale) et tazkiyah (purification) : Madarijus-Salikin (un commentaire de Manazilus-Sa'irin), ad-Da' wad-Dawa' : al-Jawabul-Kafi, al-Wabilus-Sayyib, al-Fawa'id, Risalatut-Taboukiyyah, et 'Uddatus-Sabirin. D'autres livres comprennent : at-Tibyan fi Aqsamil-Qur'an, Bada'i'ul-Fawa'id, Jala'ul-Afham et Miftah Darus-Sa'adah.

PAROLES DES SAVANTS A SON SUJET :

Des hommages sur sa compréhension du savoir et sa ferme adhérence à la voie des Salaf ont été donnés par un nombre de Savants ; avec parmi eux :

[1] Al-Hafidh Ibn Rajab, qui a dit dans Dhayl Tabaqatul-Hanabilah (4/448) : "Il avait une grande connaissance du tafsir et de ousoulud-din (fondements de la Religion), ayant atteint le plus haut degré dans ces deux domaines. De même dans le domaine du hadith, en ce qui concerne la compréhension de leurs sens, leurs subtilités et en déduire des règles. Egalement, en matière de fiqh et ses ousoul (principes), ainsi que la langue arabe. Il a rendu un grand service à ses sciences. Il était aussi bien instruit au sujet du kalam (discours et rhétorique des innovateurs), qu'au sujet des subtilités et des détails que l'on trouve dans les paroles des gens du tasawwuf (soufisme). »

[2] Al-Haafidh Ibn Hajar, qui a dit à son sujet dans ad-Durarul-Kaaminah (4/21) : "Il possédait aussi bien un esprit courageux qu'un savoir complet et extrêmement étendu. Il avait une profonde connaissance concernant les divergences d'opinions des Savants et concernant les voies des Salafs."
Ibn Hajar -rahimahullah- a aussi dit, dans son éloge de ar-Raddul-Waafir (p.68) : " Et si chaykh ibn taymiyya n'avait aucune vertu sauf son célèbre étudiant, Shaykh Shamsud-Deen Ibnul-Qayyim al-Jawziyyah -l'auteur de plusieurs travaux, dont autant ses opposants que ses partisans ont profité - alors cela serait une indication suffisante de sa (de Ibn Taymiyyah) grande position."

[3] Ibn Naasir ad-Dimishqee a dit à son sujet dans ar-Raddul-Waafir (p. 68) : "Il a la science des sciences (islamiques), particulièrement la science du tafsir et de l'ousoul. Il a aussi dit : Aboo Bakr Muhammad Ibnul-Muhib a dit, tel qu'il est écrit dans sa lettre : J'ai dis devant notre Shaykh al-Mizzee : Ibnul-Qayyim est-il au même niveau que Ibn Khuzaymah ? Il répondit : Il est à cette époque, ce que Ibn Khuzaymah était à son époque."

[4] As-Suyootee a dit dans Baghiyyatul-Wi'aat (1/62) : "Ses livres n'avaient pas d'égal et il a fait des efforts et a traversé la voie des grands Imams dans le [domaine du] tafsir, hadith, ousoul (fondements), furou' (branches) et la langue Arabe."

[5] Mullaa 'Alee al-Qaaree, qui a dit dans al-Mirqat (8/251) : "Ce sera clair pour quiconque désire lire l'explication de Manaazilus-Saa'ireen, qu'ils [i.e. Ibn Taymiyyah et Ibnul-Qayyim] font partie des kibar (les plus grands) de Ahlus-Sunnah wal-Jama'ah, et de al awliya' de cette Ummah."

SA MORT :

Imaam Ibnul-Qayyim est décédé à l'âge de soixante ans, la 13ème nuit de Rajab, 751H. Qu'Allah le couvre de Sa miséricorde.

# Posté le lundi 17 décembre 2007 14:23

L'imam mouslim

...Son nom : Abou al Hussayn Mouslim ibn al Hajjàj ibn Mouslim ibn Ward an Naysàbùri était originaire d'une tribu arabe d'où est tiré son nom de famille : Al Quchayri. Quant à An Naysàbùri c'est un dérivé du nom de son pays de séjour, le Nichapour, une grande cité du Khorassan. Sa date de naissance, incertaine, se situe autour de 204 ou 206 de l'hégire.
...Son enfance : Le milieu où il a été élevé lui a facilité l'apprentissage de la science utile. En effet, le Nichapour était un pays animé par les sciences de la loi islamique. On y trouvait de nombreux enseignants et étudiants. Son père était parmi ceux qui s'intéressaient à la science et c'est probablement lui qui l'a encouragé dans ce chemin. Dés l'âge de 12 ans (ou 14 ans) il participait aux séances de Hadith. Deux ans plus tard, à l'occasion de son pèlerinage (il était encore un garçon imberbe), il rencontra les savants de la Mecque ainsi que d'autres savants alors qu'il était sur la route du voyage. Il entreprit de nombreux voyages (autour du Khorassan, en Irak, au Hidjaz, dans le Châm, en Egypte ...) en quête de Hadith à cause de la dispersion des transmetteurs.

...Sa quête de la science : Il avait placé la science du Hadith en tête de ses préoccupations, qui consiste à connaître les contextes du Hadith, ses chaînes de transmetteurs, ses énoncés.... dans le but de les préserver et d'en distinguer l'authentique du faible.
Son recueil SAHIH MOUSLIM est considéré par l'ensemble de la nation musulmane comme étant la seconde source dans l'autorité sunnite après SAHIH AL BOUKHARI. L'élaboration de cette oeuvre dura 15 années pendant lesquels l'Imam Mouslim ne cessa de la remanier et de la corriger. Il dira à son propos: "J'ai exposé ce répertoire de 300 000 traditions entendues".
Et il ajoutera: "Je n'ai rien inséré à ce recueil sans argument et je n'ai rien exclu sans argument".
Il connaissait les noms, les surnoms, les noms de famille, la généalogie, l'histoire et les décès des transmetteurs du Hadith, comme un vérificateur perspicace. Il les critiquait ou les louait afin de distinguer les dignes de confiance des médiocres. Il est aussi compté parmi les pionniers de la science du Hadith défectueux qui est la science la plus subtile et la plus ardue. Il était digne de confiance et réputé pour sa grande mémoire. Il cita le nom de ses professeurs dans ses ouvrages. Ad Dhahabi en a compté 220, mais en réalité la liste est beaucoup plus longue.
Il a suivi les enseignements de l'imam al Boukhari qu'il accompagnait partout pendant une longue période. Ad Daraqutni raconte: "Sans al Boukhari, Mouslim n'aurait rien pu".

Malgré cela, il critiquait indirectement la méthode de travail de ses professeurs: al Bukhari et al Madini, ce pour quoi il reçu de nombreux reproches de la part des savants. C'est probablement pour cela qu'il ne rapporta pas d'après al Madini. Il ne rapporta pas non plus selon al Boukhari et Ad Dhuhli par souci de rester neutre dans l'affaire qui opposait ces deux professeurs : Mouhammad ibn Yahyia Ad Dhuhli prétendait que al Boukhari disait que le Coran était une création. Al Boukhari, innocent de toute accusation, disait plutôt que le Coran était la parole d'Allah, le Très Haut, non créée. Pourtant, Ad Dhuhli avait interdit à ses élèves de fréquenter al Boukhari, jusqu'à ce que celui-ci quitta le Nichapour. Au cours de ce calvaire, tout le monde rompait les liens avec al Boukhari, à l'exception de Mouslim qui faisait cause commune avec lui. Lors d'une séance d'enseignement ad Dhuhli fit une remarque au sujet de al Boukhari, Mouslim se leva et s'en alla, après quoi, Mouslim rassembla tout ce qu'il avait écrit d'après lui et le renvoya à son domicile. Il s'occupa de diffuser son savoir à travers le monde par sa langue et par sa plume. Il fut d'ailleurs l'un des premiers à conserver en livre les traditions, ce qui était à l'époque assez rare. Parmi ses oeuvres, il y en a qui ont été conservées, d'autres ont été égarées. Mais la majeure partie traitait du domaine du Hadith.

...Sa fin : Mouslim, Qu'Allah lui fasse miséricorde, s'est éteint dans la soirée du dimanche au mois de Rajab en l'an 261 de l'hégire dans le pays du Nichapour. Il était âgé de 50 et quelques années. Prions qu'Allah lui accorde Sa miséricorde et Sa satisfaction.

# Posté le lundi 17 décembre 2007 14:36

L'imam al Boukhari

Son nom est Abou 'Abdillah Mouhammad ibn Isma'il ibn Ibrahim ibn al Moughira ibn Bardizbah al Ja'fi al Boukhari. Bardizbah signifie en persan : le cultivateur, il était d'origine persane et suivait la religion de son peuple quant au nom al Ja'fi il provient d'un clan arabe. Al Moughira, deuxième grand père d'al Boukhari, s'est donné ce nom à titre de loyauté envers al Yamane al Ja'fi par la cause de qui il embrassa l'Islam, par la volonté de Dieu. Il est né le vendredi 13 du mois de Chawwal en l'an 194 de l'hégire dans la ville de Boukhara en Asie centrale.

Son enfance...[/size]

Isma'il le père d'al Boukhari était aussi un connaisseur du Hadith, il a lui même rencontré Hammâd ibn Zayd, 'Abdoullah ibn al Moubarak et Malik ibn Anas dont il transmettait des Hadiths. Al Boukhari a été élevé par sa mère, dès son enfance il a été orphelin de père et il perdit sa vue puis la retrouva. Son père quittant la vie, lui laissa une fortune considérable dont il se servit pour se donner entièrement à la science.
A seize ans il accomplit le pèlerinage avec sa mère et son frère mais ensuite il ne regagna pas sa patrie, il séjourna à la Mecque pour acquérir de la science. A cette époque il connaissait déjà les ouvrages de ibn al Moubarak et de Waki' par c½ur. Dès son enfance, avant même d'atteindre l'âge de la puberté, il témoigna d'une capacité remarquable à apprendre par c½ur. A 11 ans il corrigeait son professeur.

...Ses Qualités...

Mouhammad ibn Abi Hatim raconte de lui : « J'allais chez Aldakhiri et d'autres, et un jour parmi ce qu'il lisait aux gens, il dit : Soufiane rapporte de abi Zoubair qui rapporte de Ibrahim alors je dis : Certes, abou Zoubair ne rapporte pas d'après Ibrahim, et il me repoussa, alors je lui dis retourne au livre d'origine si tu l'as, il alla voir puis revint et dit : Comment est-ce déjà ? alors je lui dis : C'est Zoubair ibn Adi d'après Ibrahim, puis il prit sa plume et corrigea son livre et il dit: Tu as dis vrai ! ».

Il jouissait d'une mémoire remarquable de telle sorte qu'il pouvait se rappeler de ce qu'il voulait à tout moment. Hachid ibn Isma'il raconte : « Al Boukhari fréquentait avec nous les savants de Bassora alors qu'il était encore impubère. Il n'avait pas l'habitude de noter ce qu'il écoutait et quand 16 jours ont passés sans qu'il ne change d'habitude, on lui fit des reproches à cet égard. Mais sa réponse fut : « Vous m'avez trop blâmé, montrez moi ce que vous avez écrit ! Nous avons montré à al Boukhari nos notes qui ont dépassé 15000 Hadiths, puis il les a tous récités par c½ur, de sorte que nous avons corrigé nos notes d'après sa récitation ».

...Ses voyages...

Il entreprit de nombreux voyages afin de répertorier les Hadiths. Avant lui les savants se contentaient des Hadiths qu'il y avait dans leurs villes et régions mais lui fut l'un des premiers à rechercher la science dans toutes les contrés. Il raconte : « Je me suis rendu deux fois en Syrie, en Egypte, en Arabie et quatre fois à Bassora. J'ai vécu six ans au Hidjaz, quant aux villes de Kouffa et Baghdad, je les ai visitées à maintes reprises en compagnie des connaisseurs de Hadiths ».

...Sa quête dans la science du Hadith...

Concernant la science du Hadith, il était le mieux renseigné sur les chaînes de transmission d'un même Hadith et les nuances possibles entre elles. Il a dit : « Je ne note aucun Hadith rapporté par un compagnon, ni l'un de leur suivant, à moins que je n'ai une connaissance précise de leur date de naissance et de mort, ainsi que les lieux où ils ont vécus ». Et il dit : « Je n'ai écrit que d'après celui qui dit que la foi comprend les paroles et les actes ». Il dit aussi : « J'ai appris plus de 100 000 Hadiths valides et 200 000 non valides ». Il critiquait les transmetteurs avec beaucoup de précautions craignant de tomber dans la médisance, ce qui met en relief sa prudence et sa piété.

...Son ½uvre : Sahih al Boukhari...

Il a grandement marqué la science du Hadith défectueux et sa connaissance approfondie a eu pour manifestation le Sahih d'al Boukhari. Il a mit 16 ans pour l'assembler et c'est le plus grand et authentique livre rassemblé. Il n'y mettait pas un Hadith avant d'avoir ses grandes ablutions et de faire la prière de consultation . Il dit : « j'ai sorti ce livre de près de 600 000 Hadiths ». Son livre contient plus de 7 000 Hadiths avec les répétitions. Il est le premier à avoir compilé un livre avec des Hadiths authentiques exclusivement. Nombreux sont ceux qui ont commenté ce livre (plus de 80) mais le meilleur commentaire reste celui de al Hafid Ahmad ibn 'Ali ibn Hajar al 'Asqalani abou al Fadhl (mort en 852 de l'hégire /1449) qui mit 25 ans pour terminer son ½uvre (de 817 à 842). Et lorsque l'on demanda au savant ach Chawkani de faire un commentaire de Sahih al Boukhari il dit : « Il n'y a pas d'émigration après la conquête (al Fath) ».

...Ses autres ouvrages ...

Il était aussi un grand exégète, un linguiste, un juriste ...etc. Cet intérêt se manifeste dans un de ses ouvrages : La Grande Exégèse. C'était un pionnier dans le domaine de l'histoire et des biographies. A 18 ans il a rédigé : Questions des Compagnons et des Suivants Puis l'Histoire. La grande Histoire mentionne toutes les personnes passées pour maîtres de la science. Quant à l'Histoire Médiane et la Petite Histoire, Ils révèlent la connaissance des biographies et des événements célèbres.

...Ses Professeurs...

Al Boukhari a été contemporain de nombreux « Tabi' Tabi'ine » (les suivants des suivants). Il a rapporté des Hadiths selon eux et il eut plus de 1 000 professeurs, parmi eux on compte : Ahmad ibn Hanbal et beaucoup d'autres. Ibn Hajar précise que al Boukhari eut cinq sortes de professeurs :
q Ceux qui rapportent d'après les Tabi'ines (comme Mouhammad 'Abdellah al Ansari),
q Ceux qui vécurent à l'époque des Tabi'ines mais qui n'ont pas rapporté d'eux,
q Ceux qui ont appris chez les grands élèves des Tabi'ines (comme Ahmad ibn Hanbal),
q Ceux de sa génération,
q Ceux qui font partie de ses élèves.

Ses élèves :

Il a tenu dans la plupart des pays qu'il a visités, des assemblées d'enseignement au cours desquelles il dictait des Hadiths et auxquelles participaient les érudits, les juristes, et beaucoup d'autres... Parmi ses disciples, on peut citer : l'Imam ibn 'Issa at Tirmidhi (210 – 279), abou Daoud (230 – 316), l'Imam abou al Husseïn Mouslim (204 – 261).
Enfin, l'Imam al Boukhari n'était pas à l'abri des épreuves auxquelles sont toujours exposées les pieux : Il a été calomnié, persécuté, expulsé ...etc.

...Sa fin.

Il est mort la veille de la fête de la rupture du jeûne en l'an 256 de l'hégire à 13 jours de ses 63 ans.

Qu'Allah le prenne dans Sa miséricorde !

# Posté le lundi 17 décembre 2007 14:42